L'autostimulation chez l'enfant ou l'adulte vivant avec un trouble du spectre de l'autisme (TSA)

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L'autostimulation chez l'enfant ou l'adulte vivant avec un trouble du spectre de l'autisme (TSA) - enfant autiste - adolescent autiste - adulte autiste - personne autisteL'autostimulation est naturellement présente chez tous les humains. Elle prend différentes formes comme celles de se ronger les ongles, claquer ou se craquer les doigts à répétition, se balancer les jambes, etc. L'autostimulation est normale et importante pour tout le monde. Par ailleurs, on se stimule de diverses façons. Écouter un film par exemple est une forme de stimulation tout comme le fait de jouer à un jeu vidéo.

Le fait de sauter en bungee, d'aller dans un manège ou à la piscine, etc. amène une stimulation à notre corps ou notre esprit. On recherche la sensation que ces activités procurent. Dans notre quotidien, le fait de se bercer pour se détendre, de balancer les jambes parce qu'on a une douleur insupportable ou respirer rapidement pour faire passer la douleur fait également partie des stéréotypies.

Écouter de la musique à tue-tête stimule l'ouïe. Danser et tourner stimule la vue et le système vestibulaire. Se faire masser ou se faire serrer fort stimule la proprioception, le toucher. Un vins et fromages stimule le goûter et l'odorat.

Bref! Les stéréotypies font partie de notre vie de tous les jours sans qu'on s'en aperçoive.

Maintenant que nous avons dressé le portrait de ce qu'est une stéréotypie, demandez-vous ce que vous feriez si demain matin, on vous enlevait toutes ces stimulations.

L'autostimulation chez la personne autiste

Comme tout le monde, la personne vivant avec un trouble du spectre de l'autisme (TSA) s'autostimule. Cependant, elle le fait généralement à un degré beaucoup plus important, plus envahissant et parfois moins approprié socialement.

La connaissance des codes sociaux d'une personne neurotypique (non-autiste) lui permet d'aller combler son besoin de stimulation dans un contexte approprié. La personne autiste éprouvera des difficultés à reconnaître ces codes sociaux tant qu'ils ne lui auront pas été enseignés. Elle se stimulera donc à sa façon, sans se préoccuper de son environnement et sans savoir si c'est approprié et bien vu socialement.

Les enfants et les adultes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA) s'autostimulent à un degré plus important qu’une personne qui serait non-autiste parce que leurs sens fonctionnent différemment. Par exemple, certains peuvent être hyposensibles à la douleur, ce qui les amèneraient à rechercher certaines sensations. À l'inverse, d'autres pourraient être hypersensibles à la douleur et pourraient se balancer pour faire passer une douleur.

Généralement, on peut trouver la source à la base d'un comportement de stimulation. Cependant, d'autres resteront plus difficiles à décrypter puisque l’autostimulation peut être faite par joie, par peur, par douleur, par angoisse ou par simple plaisir d'une recherche sensorielle.

L'autostimulation aide les enfants et les adultes autistes à mieux contrôler leurs émotions, à se concentrer sur une tâche, à empêcher l'effondrement émotionnel (meltdown) lié à la surcharge sensorielle et à se sentir mieux.

L'enfant autiste s'autostimule également parce que ça fait partie de son développement; c'est même essentiel pour celui-ci. Le bébé qui porte les objets à sa bouche stimule une partie importante de son corps ce qui la prépare à l'alimentation. Le bébé qui brasse un hochet stimule sa vue et son ouïe. L'enfant qui tourne sur lui-même est à la découverte des réactions du système vestibulaire tout comme le bébé qui aime se faire bercer pour s'endormir.

Comment aider un enfant autiste à mieux gérer ses comportements de stimulation

Les différentes façons que peut utiliser un enfant ou un adulte vivant avec un trouble du spectre de l'autisme afin de se stimuler sont tellement nombreuses qu'il est pratiquement impossible d'arrêter l'autostimulation. On peut la rediriger vers une stimulation plus appropriée, mais c'est un besoin essentiel pour la personne autiste et ce besoin doit être respecté.

  • Apprenez à votre enfant que l'autostimulation est bonne pour lui et que tout le monde en fait un peu. Tapoter un stylo, faire les cent pas et taper du pied sont des exemples d'autostimulation que l'on trouve chez les personnes neurotypiques (non-autistes). Ne grondez jamais et ne vous moquez jamais de votre enfant pour son autostimulation, car cela endommagerait sa confiance en lui et son développement émotionnel.

  • Vous pouvez lorsque c’est nécessaire faire comprendre à votre enfant que son comportement est déplacé, mais évitez de le stigmatiser ou de porter un jugement. L'autostimulation peut dans certains cas, être particulièrement importante pour l'enfant. Accompagnez-le et laissez-le décider s'il est vraiment nécessaire de rediriger son attention.

  • Accordez-lui des moments de jeu stimulants. Si vous passez beaucoup de temps à jouer avec lui, son besoin de stimulation sera plus facilement comblé. Apprenez-lui de nouveaux jeux et essayez de faire travailler son imagination.

  • Un enfant qui s'autostimule de façon excessive peut avoir besoin de jouer ou de bouger davantage. Sauter sur un trampoline, jouer à la balle, nager, faire du sport et faire de la marche sont autant de moyens qui peuvent aider un enfant plus actif à dépenser son énergie. Ainsi, il pourrait être alors possible pour lui de rester plus facilement assis à l'école.

  • Laissez à sa portée certains de ses jouets favoris. Ces derniers peuvent parfois lui permettre d'être plus attentif.

  • Dans certains cas, assurez-vous qu'il ait accès à divers tubes à mâcher de style Chewy Tubes®, à diverses balles texturées ou tout autre article qui pourrait l'aider à combler ses besoins sensoriels.

  • Assurez-vous que les camarades de votre enfant comprennent ce qu'est l'autostimulation. Parlez aux enseignants et assurez-vous que les autres enfants fassent preuve de compréhension et qu'ils ne harcèlent pas votre enfant parce qu'il est différent. Les enfants vivant avec un trouble du spectre de l'autisme ne devraient jamais avoir peur ou honte de combler un besoin de stimulation.


Recherche et rédaction : 
Aube Labbé
Dernière mise à jour : 10/03/2017 12:02 AM

 

 

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