GUÉRIR le trouble du spectre de l'autisme (TSA), est-ce possible ?

GUÉRIR le trouble du spectre de l'autisme (TSA), est-ce possible ?

GUÉRIR le trouble du spectre de l'autisme (TSA), est-ce possible ?Le gluten et les produits laitiers, nous font la vie dure depuis la parution de certains livres témoignages parus en 2015 et qui prétendent que l’on peut « GUÉRIR » de l’autisme.

Mais est-ce qu’on peut vraiment prétendre « GUÉRIR » le trouble du spectre de l'autisme (TSA) ?

Plusieurs parents d’enfants autistes et professionnels, sont outrés de voir l’importance qu’accordent certains médias depuis quelques années à ce genre de nouvelle, sachant les torts considérables qu’une telle affirmation pourrait causer, non seulement aux parents nouvellement arrivés dans le milieu de l’autisme, mais également à ceux qui se battent depuis des années pour conscientiser leur entourage.

Heureusement, les médias sérieux prennent encore le temps de rectifier le tir en invitant de véritables professionnels de l’autisme.

Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes…

 

 

Le trouble du spectre de l'autisme (TSA) n’est PAS UNE MALADIE! Donc l’autisme ne se guérit pas.

Si ce genre d’intervention fonctionnait vraiment, qu’elle avait fait ses preuves, qu’elle améliorait vraiment le fonctionnement autistique, la totalité des parents d’enfants autistes mettraient ce genre de régime en place. Mais ce n’est pas le cas ! Malheureusement, plusieurs parents l’ont essayé afin de « tenter de sauver » leur enfant… sans succès.

Pourquoi certaines personnes clament-elles haut et fort une amélioration des caractéristiques de l'autisme lorsqu'ils mettent en application ce genre de régime ?

Parce que c'est en partie vrai... mais pas de la façon dont on veut nous le faire croire.

Certaines personnes ont vu une amélioration de symptômes reliés à une condition associée au trouble du spectre de l'autisme (TSA) telle que les troubles gastro-intestinaux par la mise en application d'un régime sans gluten et sans produits laitiers. Cependant, ce dernier n'a toutefois pas GUÉRI l'autisme de leur enfant.

Donnons l'exemple d'un enfant autiste qui souffrirait, entre autres, d'une maladie cœliaque, mais non diagnostiquée. Cette maladie peut être très douloureuse si la mise en place de certaines habitudes de vie et alimentaires n’est pas faite. Incapable d'identifier et de verbaliser sa souffrance, la nature de celle-ci ou son inconfort, l'enfant autiste pourrait être enclin à faire plus de crises et plus de gestes d’autorégulations et d’automutilations. En éliminant le gluten, on élimine une partie de la source du problème ce qui aura pour conséquence de diminuer également la fréquence de certains comportements autistiques. Mais l'autisme lui... il est toujours présent puisqu'il fait partie intégrante de la personne.

Bon ! Ici ce n'est qu'un exemple parmi d'autres, mais ça explique en gros ce qui se passe lorsqu'on met en place certains régimes du genre que celui contenu dans ce livre qui fait polémique présentement.

Mini-cours 101 sur l'autisme

Pour aider certains d’entre vous dans leur réflexion sur le sujet ou tout simplement en aider d’autres à faire face aux commentaires plus que désagréables et certains conflits qu’une telle affirmation et un tel livre pourraient susciter, voici un petit mini-cours 101 sur l’autisme.

Qu'est-ce que l'autisme ?

Le spectre de l’autisme – TSA est une condition neurodévelopementale dont les caractéristiques peuvent changer au cours du développement de la personne, aussi bien en nature qu'en intensité et ce, même à l'âge adulte. Les difficultés qui y sont reliées envahissent de nombreux domaines du fonctionnement de la personne.

Les caractéristiques de l'autisme peuvent être classées en trois catégories que l'on nomme triade autistique et peuvent apparaître sous différentes combinaisons et avec une intensité variable. Ces dernières touchent :

  • Les relations sociales
  • La communication
  • Les comportements et les intérêts

Bien que leurs impacts au quotidien peuvent se manifester plus tardivement, les caractéristiques du spectre de l'autisme -TSA sont généralement présentes dès le plus jeune âge. Cependant, les enfants qui présentent des déficits moins sévères peuvent commencer à éprouver des difficultés au quotidien lorsque les relations sociales se complexifient. Certains autres auront un développement normal les premiers mois ou les premières années pour ensuite se replier sur eux-mêmes et perdre certains de leur acquis.

Qu'est-ce qui cause l'autisme ?

Les synapses qui causent l'autisme 2016Selon les travaux d'une équipe de neuroscientifiques du Centre médical de l’université Columbia, l'autisme serait dû à une surabondance de synapses dans le cerveau causé par un ralentissement d'un processus normal d'élimination au cours du développement. Parce que les synapses sont les points de connexion où les neurones (cellules nerveuses) communiquent entre eux, cet excédent peut avoir des effets profonds sur les fonctions du cerveau.

Au cours du développement d’un enfant neurotypique, une grande quantité de synapses est formée dans la petite enfance, en particulier dans le cortex, une région impliquée dans l'autisme. Celles-ci étant devenue inutiles l’enfant ayant fait certains apprentissages, environ la moitié de ces synapses corticales ont été éliminées à la fin de l’adolescence de manière à ce que ses différentes parties puissent se développer sans être submergées par un excès de signaux qui créent une confusion.

L'équipe dirigée par le professeur en neurobiologie David Sulzer a également découvert des biomarqueurs et des protéines dans le cerveau des enfants et adolescents autistes qui indiquent un dysfonctionnement du mécanisme d'élimination des cellules endommagées et vieillissantes, appelé autophagie.

Sans cela, l'élagage (élimination) des synapses ne peut se produire, ce qui signifie qu’il y a beaucoup moins d’élimination des connexions synaptiques devenues inutiles, de plus, certaines de celles qui sont gardées ne sont parfois pas les mêmes et l’organisation des neurones est différente de chez les enfants neurotypiques.

Cette surabondance de synapses accroît également le risque d'épilepsie vu qu'il y a plus de signaux électriques dans le cerveau.

Comme le mentionne Isabelle Soulière, neuropsychologue auprès des enfants autistes depuis 15 ans, c’est un processus qui s’enclenche lorsque l’enfant avait à peine quelques mois de vie, un processus probablement programmé dans ses gènes et qui est irréversible.

En conclusion

L’autisme n’est pas et ne sera jamais une maladie, mais une condition neurodévelopementale ce qui veut dire qu’on ne peut le guérir.

S’il est vrai que certaines de ses caractéristiques peuvent changer au cours du développement et que certaines personnes verront une amélioration significative de ces dernières avec les années, ce n’est pas le cas pour toutes. Certaines d’entre elles demeureront avec des difficultés si grandes qu’elles pourraient ne jamais devenir autonomes.

De plus, une amélioration ne veut pas dire une guérison.

Peu importe les interventions, qui nous ferons, la structure interne de la personne autiste sera toujours la même.

Pour le bien de nos enfants que nous chérissons tant, ne gagnerions-nous pas à travailler davantage à comprendre cette structure qu’à essayer d’enrayer quelque chose qui ne peut l’être ?

Quelques liens

- Guérir l’autisme? - Communiqué Fédération québécoise de l'autisme
- Un livre sur l'autisme divise les experts - Mamanpourlavie.com
- Un livre sur l'autisme sème la controverse -  La Presse+
- Autisme : experts et information de la population - Association des communicateurs scientifiques du Québec
- Peut-on réellement prétendre guérir l'autisme ? - Marie Josée Cordeau - Huffington Post

Sources

Etude source : Loss of mTOR-Dependent Macroautophagy Causes Autistic-like Synaptic Pruning Deficits. Tang G, Gudsnuk K, Kuo S-H et al.
Neuron 2014, http://dx.doi.org/10.1016/j.neuron.2014.07.040

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Recherche et rédaction :
 Aube Labbé
Dernière mise à jour : 18/02/2017 7:55 PM

 

 

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