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Comment aider un enfant autiste à mieux gérer ses émotions

Afin d’aider tout enfant dans la gestion de ses émotions, et c’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’un enfant ayant reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA), il faut comprendre qu’une émotion n’est pas choisie : elle survient sans qu’on ait de contrôle sur elle. Pensez à la colère – elle est spontanée, involontaire et elle monte comme un volcan.

Par contre, un comportement peut lui, être choisi. En faisant comprendre à votre enfant la différence entre une émotion et un comportement, vous lui montrerez à mieux réagir face aux événements.

Mais plus important encore, il vous faudra être en mesure d’identifier la source de toute émotion.

Identifier la source de l’émotion

Pour comprendre une émotion et y répondre adéquatement, il faut pouvoir faire la distinction en une émotion primaire et une émotion secondaire. L’émotion primaire est l’émotion ressentie en premier lieu alors que l’émotion secondaire est celle qui découle de cette dernière. Par exemple, l’enfant est en colère (émotion secondaire), mais l’émotion primaire dont découle la colère est un état de stress, un besoin non comblé ou toute autre chose. C’est seulement en identifiant l’émotion primaire qu’il sera possible d’aider l’enfant à contrôler cette dernière.

Pour la personne autiste, l’anxiété est une émotion primaire majeure qui se produit pour de nombreuses raisons et qui engendre presque toujours une émotion secondaire telle que la frustration, la colère et la détresse. En intervenant seulement sur l’émotion secondaire, nous passons à côté de la cause véritable de l’émotion et il sera impossible de trouver une solution à long terme.

Pour aider l’enfant à bien identifier ses émotions, il est primordial que vous gardiez à l’esprit qu’il ne sait peut-être pas ce qu’il ressent.  C’est pourquoi il sera toujours important de faire un retour sur les événements lorsqu’il se sera calmé.

Il sera également important que vous soyez attentif et à l’écoute. Dans la mesure du possible, laissez l’enfant vous dire ce qui ne va pas. Laissez-le trouver les mots. Dans le cas d’un enfant qui serait non verbal, demandez-lui de vous montrer ce qui ne va pas ou ce qui le dérange. En trouvant le besoin ou l’élément perturbant qui se cache sous l’émotion, vous serez en mesure de désamorcer les prochaines crises.

 

IMPORTANT :
Ne jamais faire culpabiliser l’enfant sur les sentiments qu’il a pu ressentir. Les sentiments qui suivent une crise peuvent être partagés entre la peur, la honte et la crainte d’avoir mal agi. Expliquez à l’enfant qu’il est normal d’avoir des émotions fortes, et que c’est en les communicants qu’on trouve des solutions.

Quelques éléments déclencheurs à la base de l’émotion secondaire

Plusieurs personnes se situant à divers niveaux sur le continuum autistique expriment leurs émotions d’une manière qui peut sembler exagérée. On pourra voir chez certaines d’entre elles des accès de fou rire, des réactions de panique ou encore des accès de colère importants, et ce, à tout âge. Pour d’autres, on pourra également observer des changements d’humeur soudains.

C’est que beaucoup d’entre elles ont des difficultés à nuancer et à réguler leurs émotions. Elles seront absorbées par ce qu’elles vivent au moment même où elles le vivent et feront abstraction des multiples informations contextuelles, ce qui fera souvent en sorte qu’elles seront submergées par leurs émotions.

De plus, il est possible que certains éléments fassent en sorte que la personne ne soit pas en mesure d’identifier ou de communiquer adéquatement ce qui la perturbe. Certaines personnes autistes peuvent avoir des difficultés à communiquer, et ce, même si elles sont dites verbales. Elles peuvent parler beaucoup sans toutefois comprendre l’utilité du langage. D’autres n’auront tout simplement pas développé le langage nécessaire pour s’exprimer.

Lorsqu’une personne n’a aucun moyen ou que ceux-ci sont en nombre insuffisant pour lui permettre d'exprimer ses besoins et ce qui la perturbe, il est fort probable qu’elle l’exprime par le seul moyen à sa disposition, c’est-à-dire en pleurant et en criant puisque ce dernier est quelque part une forme primitive de communication.

Certaines personnes autistes pourraient être hyposensibles ou encore hypersensibles à certains stimuli environnementaux, voir même les deux et tous leurs sens peuvent en être affectés. Temple Grandin, autiste de haut niveau, a comparé ses réactions face à certains de ces stimuli à un disjoncteur qui se déclencherait. Une minute elle allait bien et la minute suivante, elle était sur le sol, à hurler et frapper ce dernier comme « un chat sauvage fou ». Il est possible que les réactions émotionnelles de la personne soient une réaction à certains sons, gouts ou éclairages ou encore à certaines odeurs ou textures.

Certaines autres pourraient démontrer un attachement à certaines routines et pourraient se sentir bouleversées et même angoissées lorsque cette dernière serait perturbée.

Parler des émotions

Assurez-vous que l’enfant comprend les différentes émotions qu’il peut ressentir. Pour en savoir davantage sur comment il est possible d’aider un enfant à reconnaître ses émotions, vous pouvez consulter l’article Comment aider un enfant autiste à reconnaître ses émotions.

Laisser l’enfant exprimer ses émotions

Plus l’enfant exprimera ses émotions, plus il sera possible de réduire les émotions négatives qui peuvent faire en sorte que l’enfant se retrouve en perte de contrôle ses dernières.

On pourra l’aider à communiquer ses émotions en mettant en place divers outils de communication visuels, tels que le baromètre ou le thermomètre des émotions.

Amener l’enfant à reconnaître ce que les autres ressentent

Il est important que votre enfant apprenne à reconnaître les sentiments d’autrui. En étant capable de lire certaines expressions du visage et en parti le langage corporel des autres, il pourra être plus à même de reconnaître comment les autres se sentent. En lui apprenant à décoder le non verbal, il sera plus facile pour lui trouver la meilleure façon d’interagir avec ces personnes ce qui lui permettra de construire des relations significatives et bénéfiques.

Identifier des stratégies d’adaptation

Votre enfant doit savoir qu’il est possible pour tout le monde de perdre le contrôle. Toutefois, il est important qu’il sache aussi qu’il est important de mettre des outils personnels en place pour que chacun puisse reprendre le contrôle de ses émotions.

Aidez-le à identifier différentes stratégies d’adaptation qu’il pourra utiliser lorsqu’il aura besoin de reprendre le contrôle sur ses émotions.

 

 Voici quelques suggestions :

 

  • Il pourrait se retirer pour écouter de la musique, faire du coloriage, manipuler une boule antistress, serrer son animal en peluche ou encore faire des bulles.

  • Il pourrait également être mis à la disposition de l’enfant un endroit calme (ou coin doux). Ce pourrait être une petite tente ou encore un petit coin aménagé dans la chambre de l’enfant où l’on aura pris le temps de placer quelques coussins et une petite lampe avec un éclairage tamisé.

  • Une autre belle idée à mettre en place est d'apprendre à l’enfant à prendre le temps de bien respirer. En fermant les yeux, assis confortablement en position de lotus ou autre, montrez-lui à inspirer et expirer par le nez, doucement, avec fluidité. Il pourrait recommencer ce petit exercice pendant quelques minutes, le temps d’un retour au calme.

  • Ce pourrait être aussi que l’enfant dessine ce qui le rend triste ou encore ce qui le met en colère et ensuite déchirer la feuille en tout petit morceau.

 

Peu importe les stratégies que vous déciderez de mettre en place pour votre enfant, il est important que vous vous assuriez que celles-ci seront sécuritaires et adaptées à votre enfant, parce que chaque enfant est différent et que chacun aura besoin de techniques différentes pour l’aider à se calmer.

Les scénarios sociaux ou histoires sociales

Lorsque vous avez identifié les éléments déclencheurs qui peuvent conduire votre enfant à perdre le contrôle de ses émotions ainsi que les stratégies qui fonctionnent le mieux pour lui, il peut être utilisé ce que l’on nomme « scénarios sociaux ».

Les scénarios sociaux, aussi appelés histoires sociales, sont de petites histoires courtes dont le but est de décrire une situation sociale en terme de réponses attendues. Vous pouvez aussi ajouter des pictogrammes pour chacune des étapes de l’histoire. Vous pouvez également plastifier celles-ci et en faire un livre relié qui sera laissé à la disposition de l’enfant ou encore à la vue dans son coin calme.

Prenez le temps de lire et de commenter cette histoire quotidiennement avec votre enfant et avant une situation ou un événement qui pourrait le bouleverser. Ainsi, il sera plus à même de comprendre le bon comportement à adopter en cas de besoin.

 

Exemple d’une histoire sociale


La colère est un sentiment normal qu’il faut apprendre à contrôler.

Parfois, il peut arriver que j’ai envie de crier très fort ou de frapper les gens.

STOP Lorsque je suis fâché je dois m’arrêter.

Pour m’aider à me calmer, je peux (énumérer ce que l’enfant peut faire)

Maintenant je suis calme.

Je vais m’excuser, je fais un câlin.

L’adulte est fier de moi et je suis content.

C’est en pratiquant qu’on s’améliore

Il pourrait être une bonne idée d’utiliser le jeu de rôle pour aider votre enfant à faire face à diverses situations. En pratiquant certaines histoires sociales, vous pourriez aider votre enfant à mieux réagir lorsqu’il aura à faire face à certaines émotions.

Le renforcement positif

Un renforcement positif consiste à « prendre l’enfant en flagrant délit de bon comportement ». Il s’agit tout simplement d’encourager un bon comportement par une interaction positive.

Par exemple, vous pourriez faire beaucoup de câlins et de compliments à votre enfant lorsqu’il a un bon comportement, surtout si c’est dans une circonstance qui l’amène parfois à se désorganiser.

Retour sur les événements

Si votre enfant est désorganisé et n’est pas en mesure d’utiliser les stratégies d’adaptation que vous avez mise en place, attendez qu’il se calme. Lorsqu’un enfant est en colère ou qu’il a perdu le contrôle de ses émotions, il est fort probable qu’il ne comprenne pas ce que vous essaierez de lui expliquer. Une fois calme, il sera plus à même de penser et de relativiser sur les réactions plus adéquates qu’il aurait pu avoir.

En conclusion

En matière de gestion des émotions, il est possible de mettre en place beaucoup de petites choses qui feront en sorte que l’enfant apprendra doucement à les contrôler. Mais la chose la plus importante à ne jamais oublier c’est qu’il est d’une importance capitale de toujours prêcher par l’exemple.

Les enfants sont de petites éponges. Certains enfants à besoins particuliers peuvent apprendre beaucoup en observant et imiteront les comportements dont ils auront été témoins, que ces derniers soient bons ou mauvais. Il sera important de vous poser la question à savoir si vous êtes un bon modèle pour votre enfant.

Nous sommes humains et il est tout à fait normal de perdre le contrôle de nos émotions à un moment ou à un autre, mais peut-être serait-il bon que nous aussi mettions en place certaines stratégies d’adaptation. 

Pour en apprendre davantage au sujet des émotions chez l'enfant ou l'adulte vivant avec un trouble du spectre de l'autisme (TSA), nous vous invitons à consulter les sections suivantes :

Nous vous invitons également à visiter notre section Matériel imprimable où vous pourrez vous procurer gratuitement divers outils qui pourront vous être utiles afin de travailler les émotions.

Trouble du spectre de l'autisme (TSA) - Comment aider un enfant à mieux gérer ses émotions

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Recherche et rédaction : Aube Labbé
Dernière mise à jour : 04/02/2017 5:50 PM