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Éducation - L’inclusion scolaire des élèves à besoins particuliers; un échec annoncé?

Éducation - L’inclusion scolaire des élèves à besoins particuliers; un échec annoncé?

Posté le 28/02/2017

Trouble du spectre de l'autisme (TSA) - Éducation - L’inclusion scolaire des élèves à besoins particuliers - EHDAA - Enfant autiste - Adolescent autiste - Éducation - Enseignement

Trouble du spectre de l'autisme (TSA) - Éducation - L’inclusion scolaire des élèves à besoins particuliers - EHDAA - Enfant autiste - Adolescent autiste - Éducation - Enseignement

 

Avant de discuter de ce sujet d’actualité, il est important de définir le concept en lui-même. L’inclusion est une pratique de classement, des élèves handicapés, autistes, ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA), qui fait en sorte que ces jeunes sont inscrits dans une classe et une école ordinaire, et ce, indépendamment de leurs besoins particuliers.

À titre informatif, l’intégration consiste plutôt à offrir des classes adaptées dans une école régulière. Quant au classement, il s’agit de la décision prise par le milieu scolaire à l’égard du groupe, du cycle ou du cheminement dans lequel l’enfant sera admis. Habituellement, ce choix est fait en équipe, selon des considérations annoncées (niveau académique, règles de passage, âge, etc.).

 

Participer à la décision de classement

En tant que parent d’élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA), l’école devrait porter une attention toute particulière à votre opinion quant au classement qu’elle vous propose. Vous devriez être informés, avant le début de l’année scolaire, du type de classe dans laquelle évoluera votre enfant, du portrait sommaire des autres élèves qui la composent et des services complémentaires qui y seront offerts.

Attention, ce dernier point devrait être questionné puisqu’il pourrait éventuellement être pris en considération dans la « carte » de services spécifiquement offerts à votre enfant.

Des services complémentaires à l’enseignement offerts en groupe ou en sous-groupe ne sont pas nécessairement une mauvaise chose (il y a de beaux avantages à ceux-ci), mais ils ne doivent pas remplacer l’intervention individuelle dans tous les cas! Ceci étant dit, il faut savoir quel est l’intérêt à la base des décisions qui seront prises. Le fait-on pour résoudre un casse-tête administratif? Pour acquiescer aux demandes de groupes de pression? Pour éviter les plaintes des parents? Si vous répondez par l’affirmative à l’une ou l’autre de ces questions : il y a un problème!

Une orientation aussi importante doit servir avant tout l’intérêt de l’élève; elle doit contribuer à sa réussite scolaire et à son développement affectif, social, cognitif…

 

Quelques donnés importantes

Les chiffres qui ont paru dernièrement, en lien avec la hausse annoncée des taux de diplomation, ont été vivement contesté par les experts en éducation et avec raison. D’autant plus que cette opération charme – volontaire ou non – cache des faits peu réjouissants. Comme plusieurs, je note que ces statistiques sont dopées par une opération comptable qui consiste à inclure les taux de qualification aux scores publiés. Ici, la diplomation se définit par la rencontre des exigences de base pour l’obtention du diplôme d’études secondaires (D.E.S. – 5e secondaire). La qualification, quant à elle, est l’attribution d’un certificat à un élève qui n’a pas les acquis de 5e secondaire (parfois même d’une 6e année au primaire), mais qui a réussi un parcours axé sur l’emploi sans considérer ses résultats scolaires. Qu’en est-il de nos élèves HDAA? Un taux de diplomation à 28% (48% si on compte la qualification)[1].

 

Le vif du sujet

Après une telle mise en contexte, nul besoin de vous dire que des changements sont nécessaires en éducation; notamment en ce qui concerne la vision que l’on a de l’enseignement aux élèves HDAA, des interventions offertes à ceux-ci et de la collaboration entretenue avec leurs parents. Cibler un seul élément, comme l’inclusion scolaire, et en faire l’unique cheval de bataille est une erreur. Et puisqu’il est impossible de tout dire à ce sujet dans une seule chronique, je soulèverai ici certains faits qui seront approfondis dans ma prochaine publication.

L’inclusion scolaire n’est pas une pratique de classement des élèves qui a été inventée pour permettre aux directions d’écoles et aux commissions scolaires de faire balancer leurs budgets. Dans les faits, il y a du bon à procéder ainsi et plusieurs histoires à succès démontrent que les élèves concernés peuvent même en sortir gagnants. Au premier rang de ces avantages, on dénote un effet positif sur la diplomation[2]. Par ailleurs, des recherches en ce sens, soulèvent l’effet négatif de l’étiquetage des élèves à l’égard de leur scolarisation[3]. Souvent, les écrits confirment qu’une inclusion planifiée avec attention, si celle-ci prévoit le soutien professionnel nécessaire, sera positive pour le développement de l’élève.

Alors, pourquoi s’inquiéter? Parce que malgré ces bienfaits, de nombreux facteurs de risque peuvent compromettent une inclusion réussie. L’un d’eux serait l’antagonisme entre les résultats qui démontrent des bénéfices pour les jeunes et ceux qui révèlent des positions mitigées pour les enseignants[4]. La suffisance des ressources, ainsi que la formation et l’engagement du personnel à mettre en place des pratiques probantes doit être le point de départ du changement.

Puisqu’il le faut, ma prochaine chronique devra s’aventurer sur ce terrain glissant! Non pas avec un ton accusateur et dans le but de dénoncer le travail des individus, mais en remettant en question les pratiques organisationnelles et structurelles qui ne donnent pas toujours accès aux « bons outils ». Mon objectif est d’apporter un regard des plus neutre possible, sur des situations inacceptables qui pourraient, avec une volonté réelle et concertée, être renversées pour servir l’intérêt de l’élève.

 

Martin Picard, Directeur général chez Édusoutien
Chroniqueur en éducation spectredelautisme.com - Un outil complet et gratuit à portée de clic

 

 

Sources

[1] Paul Journet, La Presse, Éditorial éducation - Ta-dam, plus de diplômés ! <http://plus.lapresse.ca/screens/67068a47-5470-40d6-8e84-343ebdd0cb95%7C_0.html>

[2] Nadia Rousseau, Ph. D., Les enjeux de l’intégration et de l’inclusion scolaire des élèves à risque du primaire et du secondaire : méta-analyse et méta-synthèse <http://www.frqsc.gouv.qc.ca/documents/11326/448958/PC_RousseauN_rapport_integration-inclusion.pdf/65f4f932-3595-448a-a8d8-db22b1df32b9>

[3] John Hattie, Visible Learning, Hattie Ranking: 195 Influences And Effect Sizes Related To Student Achievement <https://visible-learning.org/hattie-ranking-influences-effect-sizes-learning-achievement/>

[4] Denise Curchod-Ruedi, Serge Ramel, Patrick Bonvina, Ottavia Albanese, Pierre-André Doudin, ALTER - European Journal of Disability Research, Volume 7, Issue 2, April–June 2013, Pages 135–147, Integration and inclusive education: Teachers’ involvement and importance of social support <http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1875067213000163>

 

 

Quelques liens

Éducation - L’économie au détriment de l’humain - Le site spectredelautisme.com / Martin Picard
Parce que les paroles s’envolent, mais les écrits restent - Enfants différents besoins différents / Nancy Ringuet

 

 



Recherche et rédaction :
 Martin Picard, Directeur général chez Édusoutien
Dernière mise à jour : 
28/02/2017 1:52 PM